HONcode application status

prochaine mise à jour : alerte RSS

cliquez ici pour vous abonner au fil rss

La protection solaire de l'enfant

MISE À JOUR LE 26 Juin 2005
 

 

La qualité de l'exposition solaire de l'enfant a une part de responsabilité majeure dans la survenue de cancers cutanés et notamment de mélanome, qui est le cancer cutané le plus dangereux, à l'âge adulte. En France, il y aurait par année autant de morts de mélanome que de morts liées au SIDA. L'atteinte de l'œil (cataracte) est aussi conditionnée par l'effet additionnel des ultraviolets qui traversent la cornée et atteignent le cristallin. La photoprotection cutanée et oculaire efficace de l'enfant est donc une priorité éducative qui peu à peu émerge chez les parents.

Il faut rendre hommage à l'initiative du Dr Jean-Pierre Césarini qui a créé en 1994 l'association « Sécurité Solaire » (www.infosoleil.com). Celle-ci qui a pour mission « l'éducation solaire », s'inscrit dans le volet prévention du programme INTERSUN1 dont les recommandations essentielles sont la promotion de l'Index UV (échelle d'intensité du rayonnement UV), la conduite d'actions à destination des enfants et la diffusion de conseils aux voyageurs et aux travailleurs en extérieur. Sur ce site peut être notamment être consulté l'index UV pour 100 villes françaises.
(1).Le programme INTERSUN a également pour objectif la recherche, en particulier sur l'impact sanitaire des modifications de l'environnement et de l'évolution des modes de vie.

 

Enfant + soleil (brûlures) = mélanome malin chez l'adulte ? Relation de cause à effet probable.

 La survenue de mélanome chez l'adulte semble liée en grande partie à la qualité de l'exposition solaire durant l'enfance. Le développement des mélanomes est lié à des facteurs constitutionnels et environnementaux. Soixante cinq à 95% des mélanomes sont causés par l'exposition au soleil. S'ajoutant à l'action des UVB, les UVA pourraient jouer un rôle aggravant.

Les facteurs constitutionnels sont :
Une peau claire, avec taches de rousseur (éphélides),
Une tendance à attraper facilement des coups de soleil avec obtention d'un bronzage difficile ou impossible, 
Une tendance à développer des grains de beauté (nævus nævocellulaires) multiples, 
Des antécédents familiaux et personnels de mélanome

Les facteurs environnementaux. Il existe de nombreuses études qui montre que le risque de survenue de mélanomes chez l'adulte est directement associé à la qualité de l'exposition solaire chez l'enfant avant 15 ans. 
La plupart des études suggèrent que de fortes expositions solaires particulièrement durant l'enfance et surtout si il existe des coups de soleil importants (dont on se souvient pendant plusieurs années) sont associés avec une augmentation du risque de survenue de mélanome à l'âge adulte. 
Les expositions intermittentes, brutales et intenses, qui correspondent aux vacances d'été, sont associées plus fréquemment aux mélanomes que les expositions continues. 
Les études sur les émigrations de population montrent que le risque de mélanome est plus faible chez les personnes qui migrent dans les climats chauds après l'enfance et l'adolescence, que ceux qui sont nés dans ces régions et donc fortement exposés jusqu'à l'adolescence (Australie, Israel).

La protection solaire est indispensable dès le plus jeune âge.

 

Elle doit reposer sur trois principes : exposition modérée, protection vestimentaire et oculaire, application de produits antisolaires efficaces.

1. Les expositions solaires doivent être modérées et adaptées à la couleur de la peau et au type d'ensoleillement (index UV).
La couleur de la peau (phototype). Il faut évaluer la sensibilité au soleil des enfants et des adolescents.
Un sujet à peau claire, par exemple, a un bronzage qui ne le protège pas du soleil. Sous l'action des UV, il fabrique préférentiellement du pigment rouge (phaeomélanines) qui libère des radicaux libres après exposition solaire qui sont toxiques pour les cellules de la peau et notamment pour leur ADN.
Le type d'ensoleillement. La qualité du rayonnement sur la surface de la terre n'est pas constante.

L'intensité des UV est d'autant plus importante que :
- l'on s'approche de l'équateur  et que l'altitude augmente ; à 1500 m d'altitude il existe 20% d'UVB de plus qu'au niveau de la mer ;
- l'on s'expose entre 12 et 16 heures légales (10 et 14 heures solaires) ; 50% de l'énergie UV journalière est délivrée pendant cette période ;
- la réflexion du sol augmente ; elle est de 10% pour l'eau de mer, de 15 à 25% pour le sable et de 50 à 85% pour la neige.

L'index UV. De même qu'il existe une échelle pour définir la force du vent, il existe une échelle pour déterminer la puissance du rayonnement solaire, l'index-UV . Evalué de 1 à 15, il permet d'évaluer le risque de coup de soleil et de déterminer si une exposition solaire est possible chez l'enfant et de choisir une photoprotection adaptée. Ainsi, à 14 heures fin juin sur la côte d'azur, l'index-UV est de 9, ce qui correspond pour une peau claire à la survenue d'un coup de soleil en 15 minutes. Ces informations sont diffusées en été par la l'association « Sécurité Solaire » sur infosoleil.com.

Index-UV ou puissance du soleil. Correspondance avec une protection solaire adaptée.
Pour un index UV supérieur ou égal à 7, les enfants ne doivent pas être exposés au soleil.

Index-UV

Durée de l'exposition entraînant un coup de soleil et facteur de protection solaire (SPF) à utiliser

Peau claire

SPF

Peau mate

SPF

Faible

1 et 2

> 1 heure

15

> 1 heure

12

Moyen

3 et 4

40 minutes

15

> 1 heure

12

Fort

5 et 6

30 minutes

30

1 heure

15

Très fort

7 et 8

20 minutes

50+

40 minutes

30

Extrême

9 et 10

15 minutes

50+

30 minutes

30

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. La photoprotection externe par les produits antisolaires.
Un produit antisolaire, est un produit qui contient des substances actives, les filtres solaires et/ou des écrans minéraux. Ces substances sont comprises dans un excipient (molécules hydratantes, conservateurs, etc.) qui permettra une application adaptée à la peau du sujet.


Pour être efficaces, les produits antisolaires
- devront être appliqués selon certaines règles,
- agir suffisamment sur tout le spectre de l'ultraviolet, UVA et UVB,
- rester actifs pendant toute la durée de l'exposition (photostabilité).

Les filtres solaires et écrans minéraux : un savant mélange pour protéger l'enfant contre les ultraviolets A et B.
Les filtres solaires sont des molécules qui agissent par absorption d'une partie du rayonnement ultraviolet. Ils n'absorbent pas tous la même proportion d'UV certains étant surtout actifs dans l'UVB et d'autres surtout dans l'UVA. Les écrans minéraux sont des substances inertes de très petite taille qui agissent par réflexion, diffraction et absorption. Deux molécules sont utilisées dans les produits antisolaires, le dioxyde de titane (TiO2) ultrafin et l'oxyde de zinc (ZnO) microfin. Ils protègent des UVB et des UVA, mais le ZnO apporte une meilleure protection dans l'UVA. Les filtres solaires et les écrans minéraux sont souvent associés pour couvrir tout le spectre UV. Parfois, il ne contiendra que des écrans minéraux, mais il sera moins cosmétique : il faut de hautes concentrations en écrans et le produit fini sera souvent « coloré » et plus difficile à étaler. 

Par quels critères est défini un produit antisolaire ?
Un produit antisolaire peut être défini par 4 propriétés, son facteur de protection solaire, son facteur de protection UVA, sa photostabilité et sa résistance à l'eau et à la sueur.
- Le facteur de protection solaire ou « Sun Ptrotection Factor » (SPF). Par définition, c'est le rapport entre la durée minimale qu'il faut pour obtenir un coup de soleil avec le produit antisolaire et celle sans produit. Par exemple, pour un SPF 20 il faudrait une exposition 20 fois plus importante pour avoir un coup de soleil que sans protection.
- Le facteur de protection UVA. Il est difficile de connaître sa valeur réelle, car les laboratoires cosmétiques le calcule par des techniques diverses. Actuellement le meilleur témoin de protection contre les rayons ultraviolets A est la « persistent pigmentation darkening » ou « PPD ».
- La résistance à l'eau. Le FPS et la PPD calculés avant et après plusieurs bains doivent rester proches.
- La résistance à la sueur. On parle de résistance à la sueur, lorsque les FPS et FPA calculés sont proches avant et après une sudation maintenue pendant 30 minutes.

Les erreurs à ne pas commettre ou comment bien prescrire un produit antisolaire.
Chez l'enfant, ce n'est pas la photoprotection idéale qui serait apportée par les vêtements. Elle ne doit pas, chez le sujet normal, être trop élevée et par delà conduire à rechercher une surexposition. Le groupe Mélanome OERTC a montré que l'utilisation d'une crème solaire encourage la prolongation de l'exposition au soleil. Il a ainsi été décidé que les emballages ne porteront plus de FPS supérieurs à 50 ; il ne pourra être écrit que la mention « 50+ ». Chez l'enfant, les produits antisolaires ne doivent que palier aux manques laissés par les précautions classiques d'exposition et la protection vestimentaire. On choisira plus particulièrement un produit de type eau dans huile de SPF compris entre 15 et 40. Certains auteurs préconisent chez le petit enfant l'utilisation exclusive d'écrans minéraux. Il existe en effet un passage systémique des filtres solaires, mais pour lequel aucune étude fiable de toxicité n'a été faite chez l'homme.
Choisir le bon SPF (facteur de protection solaire contre le coup de soleil).
- Le SPF chez l'enfant normal doit être compris entre 15 et 40 et ne doit pas être diminué tout au long des vacances.
- Pourquoi ? Parce que le SPF est calculé, pour des contraintes techniques, avec une dose de 2 mg/cm² de peau : plusieurs études ont montré que les doses réellement appliquées étaient en moyenne 2 à 4 fois moindre, souvent par mauvaise information du mode d'application. Un SPF 20 aura, par exemple, un SPF réel compris entre 5 et 10.
- Les SPF 50+ doivent être prescrits par un médecin (photodermatoses, protection sous traitement photosensibilisant, etc.). En effet, l'utilisation de ces produits peut conduire à une surexposition.

Un produit antisolaire pour être efficace devra contenir ces 4 items :

  1. SPF compris entre 15 et 40.
  2. Protection contre les UVA courts et longs
    1. Camphor terephtalydene dicamphor sulfonic acid (Mexoryl® SX) et drometrizole trisiloxane (Mexoryl® XL) + butyl methoxydibenzoylmethane,
    2. Methylene bis-benzotriazolyl tetramethylbutylphenol (Tinosorb® M) et Bis-ethylhexyloxyphenol methoxyphenyl triazine (Tinosorb® S),
    3. Titanium dioxide + zinc oxide.
  3. Photostabilité.
  4. Résistance à l'eau et à la sueur.

 

Comment appliquer un produit antisolaire ?
Il doit se faire ½ heure avant toute exposition, puis toutes les 2 heures, ainsi qu'après chaque bain. Il faut insister sur la nécessité de bien répartir le produit antisolaire sur tout le corps et ce, en quantité suffisante. La réapplication du produit 1 heure après pourrait augmenter le FPS d'un facteur 2 à 3.

La protection vestimentaire est indispensable.
Contrairement à d'autres pays comme l'Australie et les USA, il n'existe pas de norme de calcul du pouvoir protection vestimentaire (Ultraviolet Protector Factor ou UPF). En l'absence de standard européen, nous ne pouvons que conseiller le port de vêtements fabriqués à partir de tissus tissés ou à mailles serrées, portés amples, colorés ou imprimés. Il est important de noter que la protection diminue lorsque le tissu est humide (sujets se baignant en tee-shirt). Selon les normes australiennes, une protection satisfaisante correspond à un UPF de 15 et 20, une très bonne protection est obtenue pour des UPF de 25 à 35 et excellente pour des UPF de 40 et plus.

Modifications du Facteur de Protection Ultraviolet (UPF) selon les caractéristiques du tissu.


 

UPF augmenté

UPF diminué

Caractéristiques du tissu

 

Acrylique, polyester satiné, viscose
Tissage
Mailles serrées

Polyester, soie, laine, coton blanchi, crêpe Tricotage
Mailles larges

Teinture

Couleurs foncées (noir, bleu, gris foncé)
- Exemple d'un tissu en coton,
blanc : UPF 7
noir : UPF 50

Couleurs claires ou qui ont déteint

Usage

 

 

 

 

 

 

 

Lavage (resserrement des mailles)
- Exemple d'un T-shirt coton
- neuf :UPF = 15
- 1 lavage :UPF = 35
- 36 lavages :UPF 35

Vêtement porté lâche

Humidité (jusqu'à 50% pour le coton)
- Exemple d' un T-shirt polyester/coton
- sec : UPF 30
- humide : UPF 10

Vêtement porté étiré.


La protection oculaire est souvent négligée.

Les UV participent aux altérations de l'œil (cataracte, rétinopathie) et chez certains modèles animaux les UVA peuvent déclencher la survenue de mélanomes ophtalmiques.

 

Précautions à respecter lors de toute exposition solaire.


1. Evaluer sa sensibilité personnelle au soleil (phototype) et les caractéristiques locales de l'irradiation UV (index UV).
2. Expositions progressives en évitant la période 12 - 16 heures l'été.
3. Se méfier de la disparition des alarmes physiologiques contre les UV :
- thermique : vent, ciel voilé, altitude, projection de gouttelettes d'eau,
- lumineuse (visible) : le parasol ne protège que contre le rayonnement incident.
4. Chez l'enfant,
- se méfier du coup de chaleur (nourrisson),
- crème écran minéral (petite et plus grande granulométrie) de FPS 30 à 50 (Protection Très Elevée) résistante à l'eau.
5. La photoprotection doit comporter :
- les vêtements : tee-shirt, pantalon, casquette, lunettes de soleil,
- les produits antisolaires doivent être appliqués, ½ heure avant l'exposition, puis toutes les 2 heures, en oubliant aucune zone exposées (oreilles, membres inférieurs), ainsi qu'après chaque bain.
6. Se méfier de toute substance potentiellement photosensibilisante (produits parfumés, psoralènes, AINS, antibiotiques, etc.),
7. Les parents doivent montrer l'exemple


<>
     
   
Aucun commentaire


LIENS PUBLICITAIRES INDÉPENDANTS

(pourquoi afficher de la publicité ?)
Bannière

Actualité médicale

du 09/10/2010
< >

Retrait du bufexamac (Parfenac®)

  Le bufexamac est un anti-inflammatoire non stéroïdien indiqué en France dans le traitement symptomatique du prurit provoqué par des manifestations inflammatoires cutanées. Cette substance est disponible en France depuis 1974. A ce jour, une seule spécialité, Parfenac®, est commercialisée. La /... lire la suite
PUBLICITÉ INDÉPENDANTE (pourquoi afficher de la publicité ?)
 

Sondage : et vous?

Sondage №1
< >

Le corticoïdes et l'eczéma

0%
0%
0%
0%
0%
0%
PUBLICITÉ INDÉPENDANTE (pourquoi afficher de la publicité ?)

Appel à témoins

urticaire
Depuis mai 2008, je souffre en permanence de sensations de brûlures cutanées et de picotements sur tout le corps. J'ai éprouvé ces symptômes après avoir passé une après midi à cueillir des cerises, j'ai eu la sensation de coup de soleil et j'étais très rouge sur tout le corps à l'exception du visage. On m'a soigné pour une allergie type urticaire, sans amélioration. Depuis, je n'ai plus de rougeurs sauf que tout marque sur ma peau, plis de vêtements, contact avec un objet... J'ai consulté un professeur immunologiste allergologue qui a fait le diagnostic d'une urticaire auto-immune et dermographisme. Rien ne me calme, j'ai pris des antihistaminiques, de la cortisone, des antidépresseurs sans résultats. On me propose de prendre un immunosuppresseur que je refuse de prendre. Quelqu'un a-t-il les mêmes symptômes que moi et quelle solution lui a t-on proposée?
Racontez nous