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Depuis quelques années une nouvelle classe de médicaments immunosuppresseurs locaux (« macrolactames ») sont venus agrandir l’arsenal thérapeutique de la dermatite atopique. Ce sont le tacrolimus (Protopic®) et le pimecrolimus (Elidel®), ce dernier n’étant pas disponible en France.
Le tacrolimus (Protopic®) fut isolé pour la première fois en 1984 à partir de cultures du champignon Streptomyces tsukubaensis collecté sur la montagne Tsubuka proche de Tokyo. Ce terme provient du nom de cette montagne (t), acrol, car il s’agit d’une substance appelée macrolide et imus, comme immunosuppresseur.
L’efficacité clinique du tacrolimus a été démontrée par de nombreuses études aux USA et en Europe, regroupant plusieurs milliers de patients. Elle a été démontrée maintenant sur plusieurs années et dans quelques études comparée aux corticoïdes locaux. Le produit a été également utilisé au long court chez l’enfant et l’adulte.
Chez l’enfant, il ne doit être utilisé que chez des enfants de plus de 2 ans. Chez l’adulte, la préparation à 0,1% a été plus efficace que la préparation à 0,03%. Dans les deux cas, l’action est rapide, souvent visible en moins de sept jours.
Toujours est-il que le tacrolimus a révolutionné le traitement de la dermatite atopique du visage de l’adulte.
C’est incontestablement un progrès dans le traitement de la dermatite atopique. Un de ses atouts majeurs est l’absence d’atrophie cutanée et sur
le visage, l’absence de risque oculaire et de survenue d’acné. Ceci permet donc une utilisation de ces produits sur des localisations particulières comme le visage, les paupières, les fesses, les grands plis.
Sur une peau noire, il peut éviter un éclaircissement de la peau, favorisé par les corticoïdes.
Le tacrolimus permet une alternance thérapeutique aux corticoïdes, notamment en cas d’échec à ceux-ci. Le rôle dans les poussées est également intéressant.
Ce nouveau médicament a une bonne tolérance à court terme, mais celle-ci n’est pas connue à très long terme.
Intolérance cutanée. L’effet secondaire le plus souvent rencontré au cours de toutes les études est l’apparition rapide pendant les premiers jours du traitement d’une sensation désagréable à type de brûlures et d’irritation sur les zones d’application. Cet effet en général modéré ne dure que quelques jours.
Risques infectieux. Le tacrolimus diminuant les défenses de la peau, il existe un risque potentiel de surinfection. Il n’existe pas de risque particulier par rapport aux corticoïdes locaux, sauf en cas de poussée d’herpès (« bouton de fièvre » des lèvres). L’application de tacrolimus risque de provoquer son extension (syndrome de Kaposi-Juliusberg)
Cet anti-inflammatoire est en effet un immunosuppresseur et l’on doit toujours être réservé quant à des applications très chroniques en association avec d’autres facteurs de risque (exposition solaire notamment) qui faciliteraient la survenue de carcinomes dans le futur.
En 2006, la FDA (Food and Drug Administration) américaine a annoncé qu’elle prévoyait d’inscrire une mention « black boxed warning » pour le tacrolimus et le pimecrolimus. Cette « boite noire » devrait indiquer l’existence d’un risque cancérigène potentiel du à ces médicaments. L’information a été relayée par les médias.
Les raisons évoquées par la FDA étaient,
Mais selon les spécialistes internationaux,
Ainsi, la FDA a notifié des précautions d’utilisation (qui ont toujours été obligatoires en France) :
Autres effets connus. Avec le tacrolimus, on a observé la survenue de migraines, d’augmentation de la sensibilité au chaud-froid, de flushs, d’effet antabuse (6% des cas)
Le tacrolimus est indiqué dans le traitement de la dermatite atopique de l’enfant âgé de plus de 2 ans, modérée à sévère résistant aux corticoïdes locaux bien appliqués et associés à des soins émollients.
Classiquement, il doit être appliqué 2 fois par jour pendant un maximum de 3 semaines puis une fois par jour jusqu’à guérison.
Cependant la stratégie n’est pas encore bien définie, association à des corticoïdes locaux sur certaines zones, traitement d’entretien (2 fois par semaine pendant quelques mois pour éviter les récidives), etc.? D’autres études sont nécessaires afin de mieux définir la prescription du tacrolimus et de vérifier son innocuité à long terme.
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Protopic® (tacrolimus) |
Elidel® (pimécrolimus) |
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Présentation |
Pommade à 0,1% et 0,03% |
Crème à 1% |
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34,76 € (0,03%) et (37,20 € (0,1%) Remboursement à 35% |
Non commercialisé en France |
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Indications Prescription restreinte aux dermatologues et pédiatres |
Dermatite atopique de l’enfant de plus de 2 ans et de l’adulte Modérée à sévère Traitement à court terme ou intermittent Echec ou contre-indications aux autres traitements |
Dermatite atopique de l’enfant de plus de 2 ans et de l’adulte Faible à modérée Traitement à court terme ou intermittent Echec ou contre-indications aux autres traitements |
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Contre-indications |
Femme enceinte ou allaitant Infection cutanée bactérienne et virale Syndrome de Netherton Exposition solaire |
Femme enceinte ou allaitant Infection cutanée bactérienne et virale Syndrome de Netherton Exposition solaire Photothérapie |
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Mode d’application |
En couche mince (même paupières) |
En couche mince (même paupières) Matin et soir Arrêt 1 semaine après guérison |
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Effets secondaires |
Le plus fréquent : sensation de picotement, de brûlure et de prurit · Faible à modérée, surtout les 1ers jours · 2 mn à 3 h (moyenne : 15 mn) · 22 à 28% (adulte), 36% (enfant) Migraines de la sensibilité au chaud-froid Flushs Effet antabuse (6%) Rares : varicelle, Kaposi-Juliusberg |
Le plus fréquent : sensation de brûlure Autres > à 5% · Migraines (14%) · Augmentant avec la durée du traitement § Fièvre (13%) § Maux de tête (25%) § Infections virales Rares : varicelle, Kaposi-Juliusberg |
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Réévaluer le traitement après 6 semaines si échec du macrolactame |
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