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La kératose pilaire

MISE À JOUR LE 24 Novembre 2005
 

 

La kératose pilaire, assez fréquente, est caractérisée par des nappes de petites élevures dures centrées par un follicule pileux souvent localisées sur les bras. Elles sont responsables d'un aspect granuleux avec sensation de peau rugueuse.
Parfois, celle-ci peut être enflammée, rouge et évoluer vers de petites cicatrices.
Le début a souvent lieu dans la petite enfance (moitié des cas au cours des 10 premières années) et souvent s'améliore avec l'âge.
Elle ne pose que des problèmes esthétiques et le traitement repose essentiellement sur l'application prolongée, car suspensive, de crèmes « peeling » qui désépaississent la peau.

Les différentes formes de kératose pilaire


Kératose pilaire "simple".
 La peau comporte des petits cônes durs, grisâtres et adhérents enchâssés dans les orifices folliculaires et entourant un poil follet atrophique enroulé en spirale. Les poils sectionnés par l'usure forment souvent des points noirs. Leur nombre souvent important donne un aspect granité à la peau et une sensation rugueuse au toucher. Ces lésions se situent surtout sur la face externe des bras, parfois sur la face externe des cuisses, les fesses ou le visage. D'autres localisations sont possibles. Des formes diffuses existent. La peau est le plus souvent sèche. Il n'y a ni gêne ni démangeaisons.
Les filles sont plus souvent  atteintes (61%) que les garçons (39%). Le début a lieu souvent dans la petite enfance et atteint un pic à l'adolescence.
Il y a une aggravation l'hiver (frottements dus aux vêtements et peau plus sèche) et une amélioration l'été dans la moitié des cas. Une amélioration au cours de la vie est constatée dans près d'un tiers des cas, mais la kératose pilaire peut aussi s'aggraver. A la longue, les poils disparaissent, les cônes cornés s'effacent en laissant souvent persister des petites cicatrices punctiformes.

Il n'est pas rare de constater une inflammation des pores qui peut faire penser à tord à une folliculite (fesses) ou à une acné.

Kératoses pilaires d'évolution cicatricielle.
C'est une kératose pilaire simple associée à une inflammation suivie par la survenue de minuscules cicatrices.
Kératose pilaire rouge. Elle est en général familiale Les joues sont rouges en permanence. Les éléments de la kératose pilaire sont rouges. Elles deviennent souvent discrètement cicatricielles à l'âge adulte. Une forme particulière est l'"ulérythème ophryogène", prédominant aux joues et aux sourcils : dans ce cas survient secondairement une alopécie des sourcils. Cet aspect peut être retrouvé dans plusieurs maladies génétiques.
Atrophodermie vermiculée. C'est un stade évolutif. Autour de chaque orifice pilaire, on observe une petite dépression. Cela peut-être le visage, le dessus des mains, les joues, les régions pré-auriculaires préférentiellement. La cause est inconnue.
Kératose spinulosique décalvante de Siemens. La kératose pilaire évolue vers une chute diffuse des cheveux, des cils et des sourcils. Des petits cônes cornés remplacent cils et sourcils. Une photophobie avec kératite est fréquente.

Kératose pilaires acquises.
Des kératoses pilaires acquises peuvent être consécutives au contact professionnel avec des hydrocarbures (goudrons, huiles, essence, etc.) Elles siègent sur le dos des mains, aux avant-bras aux cuisses (pantalons imprégnés d'huile), au cou, au visage. Il existe en plus de gros comédons noirs des lésions acnéiformes, de volumineuses folliculites et une pigmentation de la peau. Exceptionnellement certains cosmétiques peuvent être en cause.
Des troubles nutritionnels en particulier un déficit en vitamine A, ou C peuvent être responsables d'une kératose pilaire. En cas de déficit en vitamine C, la kératose pilaire siège électivement sur les membres inférieurs et la peau a un aspect « chair de poule ». Chez les sujets très carencés en vitamine A, les lésions se situent sur la face d'extension des membres.

Les traitements

 Ils ont pour but une d'apporter une amélioration de l'aspect de la peau et de la rendre la peau plus douce au toucher. Cette amélioration n'est que temporaire et nécessite un traitement régulier.

Dans les formes modérés, s'il n'existe pas de gêne, aucun traitement n'est nécessaire.
Les traitements locaux sont suffisants dans les formes limitées. On associe des bains émollients, des crèmes qui ont une action « peeling » (contenant en particulier de l'urée, des alpha-hydroxyacides, des bêta-hydroxyacides), sur des zones limitées, des traitements locaux décapants (acide salicylique à 10 ou 20%). Les traitements à base de trétinoïne peuvent donner de bons résultats.
Dans les kératoses pilaires rouges des traitements par laser pour « lésions rouges » (laser KTP, laser à colorant pulsé) peuvent apporter une amélioration de l'érythème et de la rugosité cutanée dans les kératoses pilaires rouges.

Ne pas confondre avec

Les folliculites des fesses. Au sein d'un aspect granité de la peau existent des folliculites douloureuses et pustuleuses.
L'acné. Chez l'adolescent, l'acné touche principalement la zone médio-faciale plutôt que les joues et plutôt le décolleté et les épaules que les faces externes des bras.
Parfois, certaines dermatoses prédominent autour des follicules pileux, comme l'ichtyose, le lichen nitidus, le lichen spinulosum, la maladie de Darier, le pityriasis rubra pilaire, certains psoriasis et eczémas.

Origines

La kératose pilaire isolée est souvent familiale, transmise sur le mode autosomique dominant. Des facteurs externes sont rarement incriminés, la cause de la création des bouchons cornés n'est pas bien connue, mais correspond à un trouble de la maturation de l'épiderme (kératinisation).

Elle est fréquente chez les sujets ayant un dermatite atopique.
Parfois elle fait partie de certaines maladies génétiques (syndromes de Noonan, de Fairbanks, de Rombo, pachyonychie congénitale, acrokératose verruciforme de Hopf, etc.).

Au microscope, il existe un volumineux bouchon fait de cellules épidermiques mortes (cornéocytes) dilatant et obstruant l'orifice du follicule pilo-sébacé. Une réaction inflammatoire est possible, avec notamment réaction cicatricielle (fibrose).

  
     
   
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