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Toxicité des parabens

MISE À JOUR LE 12 Mars 2006
 

 

Les parabens sont des substances synthétisées à partir d'un composé chimique, l'acide parahydroxybenzoïque, utilisées à l'origine comme conservateurs antimicrobiens depuis les années 1920.
Ils sont rapidement absorbés, métabolisés et excrétés. De nombreuses études pratiquées chez l'animal ont montré que les parabens sont pratiquement non toxiques. Sur peau saine, chez l'humain, les parabens sont dans la grande majorité des cas non irritants et non sensibilisants. Plusieurs études ont mis en évidence chez l'animal des effets secondaires. Chez le rat immature, certains parabens étaient sans action pris par voie orale, alors que l'administration sous-cutanée avaient une action oestrogénique.
La découverte de parabens dans un petit nombre de cancers du sein chez la femme et des effets sur la reproduction (propylparaben) chez l'animal a provoqué une controverse sur leur possible retrait.
Cependant, ces études sont sujettes à la controverse. Le risque oestrogénique potentiel des parabens sur la base des études actuelles reste discutable et néglige le métabolisme et les taux d'élimination des parabens qui dépendent de la dose, du mode d'administration propre à chaque paraben.

Histoire des parabens

Les parabens sont des esters de l'acide 4-hydroxybenzoïque et les principaux esters (et leurs sels) utilisés sont les :

  • methylparaben (E218 et E219 pour le sel)
  • ethylparaben (E214 et E215 pour le sel)
  • propylparaben (E216 et E217 pour le sel)
  • butylparaben

les parabens existent aussi à l'état naturel dans certains aliments,

  • pour le methylparaben : mûres, jus de fruits de la passion, vin blanc, vanille Bourbon,
  • pour le propylparaben : partie aérienne de la plante Stocksia brahuica

Utilisations industrielles

Industrie alimentaire. Les parabens ont été ajoutés aux aliments depuis plus de 50 ans et leur emploi s'est étendu progressivement à un nombre plus grand d'aliments. Les parabens les plus utilisés sont les methylparaben et propylparaben. Leur plus forte incorporation est retrouvée dans les,

  • gâteaux, pâtisseries, glaçages, garnitures : 0,03 à 0,06% avec un rapport methyl/propyl de 1 sur 3,
  • boissons , sucrées, crèmes et pâtes : 0,1% avec une combinaison de parabens,
  • confitures, gelées, condiments : 0,07% avec un rapport methyl/propyl de 2 sur1,
  • olives, conserves : mélange de divers parabens à 0,1%
  • sirops à la concentration de 0,07%.

Plusieurs études ont montré chez l'animal, que les methyl-, ethyl- et propyl-parabens sont complètement éliminés par l'organisme et ne s'y accumulent pas.

Cosmétiques. L'incorporation majoritaire des parabens dans les cosmétiques est due à leur faible toxicité, le spectre d'activité important (bactéries, moisissures, levures, champignons), l'absence d'interaction avec les autres substances contenues dans les cosmétiques, leur stabilité, leur biodégradabilité, leur acceptation par les différents organismes de régulation internationaux et leur faible coût.
Les parabens, seuls ou en association avec d'autres conservateurs sont utilisés dans tous les types de cosmétiques qui peuvent être en contact avec la peau, les cheveux et le cuir chevelu, les lèvres, les muqueuses, les aisselles et les ongles. Les parabens les plus utilisés en 1995 étaient par ordre de décroissance, respectivement, methyl-, ethyl, propyl, butyl, benzyl-paraben. Il existe une pénétration transcutanée des parabens.

Médicaments. Les parabens sont utilisés depuis les années 1950 et ils ont été employés comme conservateurs dans de nombreux produits médicaux. Parmi, les parabens, le propylparaben est l'un des plus efficaces contre les mycoses.

Régulation de l'utilisation des parabens

L'emploi des paraben est autorisé en Europe par la directive 95/2/EC comme additif alimentaire. L'utilisation des parabens (methyl-, ethyl-, propyl-, butyl-, benzyl-, butyl et isopropyl-), est autorisée dans les cosmétiques jusqu'à une concentration de 0,8%. La concentration maximale d'un ester était de 0,4% pour chaque ester. Des experts de la Commission Européenne (EFSA, 2004), ont défini la « dose ingérée quotidienne acceptable » comme étant de 0 à 10 mg par kilo de poids et par jour pour le methylparaben et l'ethylparaben et leurs sels. Il en est différent au sujet du propylparaben (E216 et E217) du aux recherches récentes sur l'effet sur la production de spermatozoïdes chez le rat. Du fait de la présence limitée de propylparaben dans l'alimentation et de la faible probabilité de représenter un risque pour la population, les experts n'ont pu prendre de décision sur la « dose ingérée quotidienne acceptable ».

Consommation par l'humain des parabens

Les résultats sont analysables seulement pour les methyl- et propyl-parabens. Selon la FDA , la consommation quotidienne de methylparaben est de 0,6 mg par jour (0,01 mg/kg/j) et celle de propylparaben est de 0,78 mg par jour (0,013 mg/kg/j) pour une personne de 60 kg. En plus des produits alimentaires, les parabens sont aussi consommés via les cosmétiques et les produits d'hygiène (0,833 mg/kg/j) et les médicaments (0,417 mg/kg/j). La consommation totale de paraben est ainsi estimée à 75,78 mg/j ou 1,26 mg/kg/j pour une personne pesant 60 kg. La quantité supposée apportée par les aliments serait de l'ordre de 1 mg/j, celle des cosmétiques de 50 mg/j et celle des médicaments de l'ordre de 25 mg/j.

Parabens et cancer du sein

Le rôle établi des œstrogènes dans le développement et la progression du cancer du sein lève les questions quant à la contribution potentielle de diverses substances présentes dans l'environnement de l'homme qui ont une activité œstrogénique. Par leur capacité à être stockée dans le tissu adipeux (graisses), certains auteurs posent la question de la possibilité, actuellement non démontrée chez l'humain, de leur rôle dans la promotion et la progression du cancer du sein.

Basés sur une étude récente, la présence de parabens dans les tissus de cancers du sein chez la femme a été associé au développement du cancer du sein. Cette étude implique un lien entre utilisation de déodorants et antiperspirants. Cette étude est biaisée par le manque d'échantillons tissulaires « témoins », par l'absence de renseignements précis sur la prise antérieure de médicaments (pouvant contenir des parabens), etc.
Ces résultats doivent être interprétés avec une grande précaution, car des traces de nombreuses substances peuvent être retrouvées dans les tissus humains (plusieurs substances stockées ayant une forte activité oestrogénique ont été retrouvées dans le tissu mammaire sans lien avec la survenue de cancer du sein.). Le methylparaben, qui a la plus faible action œstrogénique, représentait environ 60% du total des parabens, les autres étant les ethyl-, n-propyl, n-butyl- et isobutyl-paraben. Cette étude mérite aussi d'être discutée du fait de ses limites.
Aucune étude n'a actuellement démontré l'association entre survenue du cancer du sein et utilisation de déodorants et d'antiperspirants. Cependant plutôt que d'investir uniquement cette voie des effets secondaires potentiels des parabens appliqués sur les aisselles, des investigations plus complètes doivent être faites. Des études complémentaires sur la potentielle toxicité des parabens sur la reproduction et le développement sont nécessaires afin de vérifier leur innocuité en tant que conservateurs dans les produits cosmétiques, les aliments et les médicaments.

Il faut aussi insister sur le rôle potentiel de l'accumulation néfaste dans les tissus graisseux de l'organisme et notamment du sein, de différents substances à action oestrogénique. Ce sont les,

  • œstrogènes physiologiques : concentration élevée entre la puberté et la ménopause, avec variation selon le cycle,
  • œstrogènes médicaux : pilule contraceptive, traitement substitutif de la ménopause,
  • phyto-œstrogènes (génistéine, daidzéine, etc.) : aliments comme les germes de soja,
  • organochlorés (DDT, diélidrine, lindane) : pesticides et herbicides de l'environnement contaminant certains produits alimentaires,
  • biphényls polychlorés : résidus de l'industrie électrique contaminant certains produits alimentaires,
  • dioxines polychlorées : résidus des incinérateurs pouvant être inhalés ou pouvant contaminer certains produits alimentaires,
  • bisphénol A : résines époxy, plastiques polycarbonés,
  • phtalates : plastiques,
  • alkyl phénols (nonyphénol, etc.) : détergents,
  • métallo-œstrogènes : cadmium dans la fumée de cigarette, ions métalliques dans l'eau et l'alimentation,
  • cosmétiques : certains parabens, sels d'aluminium, certains filtres solaires, triclosan, phyto-œstrogènes, Aloe vera (anthraquinones), crèmes augmentant la taille des seins (8-prénylnaringénine, miroestrol/déoxymyrestrol), octamethylcyclotetrasiloxane.

Mise au point par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (afssaps)

« Les parabens sont présents dans 80% des produits cosmétiques en raison de leur efficacité anti-microbienne et de leur relative innocuité, vis à vis de des effets sensibilisants, notamment. Les parabens ont un large spectre d'activité sur les bactéries, les moisissures, les levures et les champignons. Ils sont efficaces à faible concentration et les mélanges de parabens ont un effet synergique. Ils sont facilement détruits par l'organisme. Des études ont démontré la destruction des parabens après application sur la peau, ce qui explique la faible exposition systémique du consommateur. Les possibilités de substitution des parabens par d'autres conservateurs sont limitées, car de nombreux autres conservateurs ne sont pas aussi efficaces et ne présentent pas une aussi bonne tolérance et autant de données de sécurité.
Il a été démontré que les parabens pouvaient dans certaines conditions, franchir la barrière cutanée chez l'animal mais les effets néfastes d'un éventuel passage à travers la peau des parabens chez l'homme ne sont pas à ce jour démontrées. La plupart des études de toxicité générale (aiguë, sub-aiguë, chronique) réalisées sur différentes espèces animales ont permis de montrer l'absence d'effets toxiques, génotoxiques, cancérogènes et tératogènes de ces composés.
Par ailleurs, en raison de leur hydrolyse dans l'organisme, ils ne sont pas susceptibles de s'accumuler dans les tissus.
Des effets sur la fertilité ont été rapportés chez l'animal dans certaines études réalisées avec le propylparaben et le butylparaben, à des doses susceptibles aux doses d'exposition humaine. De nouvelles études examinant spécifiquement ces effets ont été réalisées par l'industrie cosmétique. Les rapports complets ont été transmis à l'Afssaps en vue de leur expertise par la commission de cosmétologie.
Ainsi, au vu de l'ensemble des données disponibles et des conclusions de comités d'experts de la Commission Européenne dans le domaine cosmétique et alimentaire, et après expertise de l'ensemble des études actuellement disponibles, la commission de cosmétologie du 29 septembre 2005 s'est prononcée favorablement à la poursuite de l'utilisation, aux conditions prévues par la réglementation actuelle, de 4 des 5 parabens les plus couramment utilisés (méthyl, éthyl, propyl et butyl parabens).
Pour l'isobutylparaben, la commission de cosmétologie s'est montré favorable à la poursuite de l'utilisation dans les produits cosmétiques de ce conservateur, sous réserve que des études complémentaires soient réalisées permettant de confirmer l'absence de risques, aux conditions d'utilisation dans les produits cosmétiques.
Concernant les esters d'alkyle de l'acide parahydroxybenzoïque, notamment le benzylparaben, la commission de cosmétologie a émis des réserves concernant leur utilisation compte tenu du manque de données permettant d'écarter un risque toxique sur la reproduction. Considérant d'une part que les données nécessaires ne seront pas fournies par les industriels et d'autre part, l'absence d'intérêt d'utilisation de ces substances selon les industriels cosmétiques, l'Afssaps proposera au niveau communautaire une inscription nominative des esters évalués favorablement, en lieu et place de la mention générique actuelle « esters de l'acide parahydroxybenzoïque ». Ceci permettra d'identifier les esters utilisables sans risque, et de ne pas inciter à l'utilisation de substances à risque non évalué ».

Références

  • Oishi S. Effects of propyl paraben on the male reproductive system. Food and Chemical Toxicology 2002; 40: 1807-1813.
  • Soni MG, Carabin IG, Burdock GA. Safety assessment of esters of p-hydoxybenzoic acid (parabens). Food and Chemical Toxicology 2005; 43: 985-1015.
  • Darbre PD . Environmental oestrogens, cosmetics and breast cancer. Best Practice & Research Clinical Endocrinology & Metabolism 2006; 1: 121-143.
  • Rousselle C. Evaluation du risque lié à l'utilisation des parabens dans les produits cosmétiques. Vigilances 2005; 30: 3 (Lettre de l'Afssaps).
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Depuis mai 2008, je souffre en permanence de sensations de brûlures cutanées et de picotements sur tout le corps. J'ai éprouvé ces symptômes après avoir passé une après midi à cueillir des cerises, j'ai eu la sensation de coup de soleil et j'étais très rouge sur tout le corps à l'exception du visage. On m'a soigné pour une allergie type urticaire, sans amélioration. Depuis, je n'ai plus de rougeurs sauf que tout marque sur ma peau, plis de vêtements, contact avec un objet... J'ai consulté un professeur immunologiste allergologue qui a fait le diagnostic d'une urticaire auto-immune et dermographisme. Rien ne me calme, j'ai pris des antihistaminiques, de la cortisone, des antidépresseurs sans résultats. On me propose de prendre un immunosuppresseur que je refuse de prendre. Quelqu'un a-t-il les mêmes symptômes que moi et quelle solution lui a t-on proposée?
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