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Le prurit aquagénique, décrit la première fois en 1970 par un dermatologue américain, se traduit par l'apparition de démangeaisons importantes après contact avec l'eau et ce alors que la surface de la peau reste normale. Il doit être différentié de plusieurs formes d'urticaires, du prurit déclenché par le contact avec l'eau, de la personne âgée et de la polyglobulie (augmentation des globules rouges).
Le mécanisme d'action de cette dermatose reste encore d'origine inconnue et les traitements prescrits ne sont pas toujours actifs.
Le prurit aquagénique atteint surtout les adultes (moyenne d'âge de 40 ans) avec une faible prédominance pour l'homme. Dans près d'un tiers des cas, il existe une autre personne de la famille souffrant de ce problème.
La durée moyenne des symptômes est de 6 années, mais il peut persister de nombreuses années.
soit dans les premières minutes qui suivent le contact avec l'eau, soit 2 à 15 minutes après la fin du contact et durent de 10 minutes à 2 heures.
Les patients se plaignent, plus que de démangeaisons, de sensations de picotements, de piqûres d'aiguille, de fourmillements et de brûlures. Elles sont souvent intolérables et parfois certains sujets ne peuvent plus supporter de prendre une douche ou un bain, se lavant le moins souvent possible avec un gant de toilette.
Ces manifestations cutanées commencent sur les jambes et les cuisses, puis diffusent à tout le corps ; elles ne touchent pas la tête, la paume des mains, la plante des pieds et les muqueuses.
Dans plus de la moitié des cas, des manifestations psychiques sont associées (irritabilité, accès de colère, dépression, agitation), ce qui fait parfois à tord porter le diagnostic de psychopathie.
Une forme clinique du prurit aquagénique, « aquadynie » (douleur au contact de l'eau) a été décrite en 1998 chez 2 femmes, respectivement de 49 et de 82 ans. L'aquadynie se manifeste par la survenue de douleurs intenses à type de brûlures au contact de l'eau.
Classiquement, la température de l'eau importe peu, mais le prurit aquagénique peut être parfois aggravé par l'eau chaude et diminué par l'eau froide. La salinité de l'eau est en général sans influence.
Parfois, les démangeaisons peuvent être déclenchées par la transpiration, le stress, l'effort, la rentrée ou la sortie du lit, les changements rapides de température.
Le diagnostic est évoqué lorsque six critères diagnostiques sont présents (Steinman et Greaves) :
Le prurit transitoire après un bain. Il est fréquent et favorisé par une sécheresse de la peau. Il se distingue du prurit aquagénique par l'aspect discret des démangeaisons et l'effet bénéfique des cosmétiques.
Le prurit aquagénique de la personne âgée. Il n'est pas rare et touche les personnes de plus de 60 ans et plus souvent les femmes. Il est en général associé à une peau sèche.
Les démangeaisons surviennent le plus souvent lorsque la peau a été séchée et disparaissent en général en 10 à 20 minutes mais peuvent durer une heure. Les symptômes sont plus importants en hiver, particulièrement dans les maisons de retraite, peut-être à cause de l'humidité ambiante
A l'inverse du prurit aquagénique, il n'existe pas de manifestations psychologiques et il répond bien aux émollients. .
Ces démangeaisons pourraient être favorisées par une rupture de la barrière cutanée lipidique entraînant une plus grande sensibilité de la peau. L'eau chaude et très calcaire aggraverait cette sensibilité. Le traitement consiste à préférer les douches aux bains chauds prolongés, à éviter les savons trop agressifs, à hydrater la peau en évitant les émollients irritants (riches en urée, en acide salicylique, ou en propylène glycol).
La polyglobulie. Les démangeaisons sont fréquentes et bien que pouvant être spontanées, elles sont spécifiquement aggravées par les bains chauds.
Elles se déclenchent lors de l'immersion dans l'eau, alors que survient une modification brutale de température de la peau.
Il peut apparaître de façon isolée précédant jusqu'à 5 ans l'apparition de la polyglobulie et des prises de sang régulières sont recommandées.
Des associations anecdotiques ont été décrites avec des syndromes myéloprolifératifs, un syndrome hyperéosinophilique, un xanthogranulome juvénile, etc.
Les autres types d'urticaires et le dermographisme doivent être éliminés. A l'inverse du prurit aquagénique, il existe des plaques d'urticaire.
Il n'existe pas de traitement entièrement satisfaisant et beaucoup ont été essayés avec des résultats variables. Les plus prescrits sont, l'alcalinisation de l'eau, les antihistaminiques et la photothérapie UVB.
L'alcalinisation de l'eau du bain a été rapportée comme efficace et doit être envisagée en première intention et peut être associée aux anti-histaminiques.
C'est cependant une technique lourde nécessitant l'utilisation de 200 à 500 grammes de bicarbonate de sodium pour chaque bain afin d'amener l'eau à un pH de 8.
Elle n'est malheureusement pas toujours efficace et une diminution d'efficacité peut survenir progressivement. Néanmoins, de nombreuses personnes en sont satisfaites.
Un patient, souffrant d'un prurit aquagénique localisé, a eu d'excellents résultats en rinçant sa peau avec de l'eau alcaline.
Les antihistaminiques semblaient donner de bons résultats lorsque les premiers cas ont été décrits mais, ils le sont en fait inconstamment, arrivant juste à diminuer les démangeaisons.
Ils peuvent cependant être associés aux autres traitements.
L'association anti-H1 et anti-H2 n'a qu'une action partielle.
La photothérapie UVB, soulage un peu plus de 50% des patients.
Initialement, le rythme est de 3 séances par semaine avec espacement progressif des séances. Le soulagement est obtenu en quelques semaines. En cas d'arrêt, le délai de récidive varie de 3 à 6 mois, nécessitant un traitement d'entretien.
On peut y associer la prise d'un anti-histaminique.
L'exposition solaire n'est efficace que dans un tiers des cas.
Des cas isolés d'efficacité ont été rapportés avec :
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