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c'est peut-être une réaction allergique aux protéines contenues dans le liquide séminal (sperme) de l'homme.
Le sperme de l'homme contient des spermatozoïdes et une substance riche en protéines, appelée liquide séminal. Certaines femmes se sensibiliseraient à ces protéines qui seraient responsables de réactions allergiques localisées à la région génitale, voire générales, quelques minutes après un rapport sexuel, lors du contact du liquide séminal avec les muqueuses génitales de la femme. Ce syndrome appelé, « syndrome d'hypersensibilité immédiate au liquide séminal » doit être différentié des allergies de contact à d'autres substances (produits d'hygiène, médiacments, préservatis) et des troubles génitaux dues à une infection ou à des douleurs de type non allergique. Le diagnostic est fortement évoqué lorsque les réactions inflammatoires disparaissent lorsque l'homme utilise (convenablement) des préservatifs ; il sera confirmé par des tests cutanés et/ou la recherche d'anticorps (IgE spécifiques) au liquide séminal. Le traitement repose sur une désensibilisation « accélérée », qui en cas de succès, sera entretenue par des rapports sexuels non protégés et réguliers (2 à 3 par semaine).
Le risque de survenue de ces phénomènes allergiques n'est pas connu, mais une étude portant chez plus de 1000 femmes se plaignant de problèmes gynécologiques, pourrait concerner plus d'une sur dix de ces femmes.
Cette allergie a été décrite chez l'homme; il peut fabriquer des anticorps contre son propre liquide séminal ; cette réaction a été décrite chez les vétérans de la Guerre du Golfe et a été dénommée « syndrome de la semence brûlante ».
Deux femmes de 25 et 28 ans présentaient un érythème puis un œdème accompagnés de fortes démangeaisons des régions génitales 5 à 15 minutes après l'éjaculation de leur partenaire ; celles-ci duraient 3 à 6 heures. Ces femmes avaient des antécédents d'urticaire cholinergique, étaient mariées et utilisaient une pilule contraceptive. Les tests cutanés ont montré une réaction allergique au fluide séminal de leur conjoint. Un traitement par antihistaminiques et l'application, avant les rapports, d'un médicament antiallergique (cromoglycate de sodium) en intra- et péri-vaginal fit disparaître les signes d'allergie.
Une femme de 29 ans présentait juste après un rapport sexuel une urticaire avec gêne respiratoire. Le diagnostic d'hypersensibilité immédiate au liquide séminal fut confirmé par l'existence d'anticorps (IgE spécifiques) contre le liquide séminal. Cette femme avait des antécédents de dermatite atopique, d'asthme et d'allergie de contact à certains parfums. Ces signes allergiques ne survenaient pas si le couple utilisait des préservatifs. Une tentative de grossesse par fécondation in vitro avait échoué (grossesse extra-utérine). Devant le désir de grossesse du couple, une désensibilisation intra-vaginale au liquide séminal fut entreprise en y déposant des quantités de plus en plus grandes de liquide séminal de l'époux toutes les 20 minutes, puis par un rapport non protégé. La désensibilisation fut maintenue par des rapports réguliers. Huit mois plus tard, la femme était enceinte.
Une femme de 37 ans présentait depuis 6 mois, 15 à 30 minutes après les rapports sexuels, une urticaire du visage et des mains. Elle était mariée depuis 7 ans et avait un enfant de 5 ans. Les deux derniers rapports avaient été suivis immédiatement par une urticaire généralisée avec gêne respiratoire ; ils disparurent spontanément en plusieurs heures. Ces réactions allergiques n'apparaissaient pas lorsqu'ils utilisèrent des préservatifs. Les prick tests furent positifs au sperme non dilué de l'époux. Une désensibilisation intra-vaginale fut efficace avec un « traitement d'entretien » fait de rapports sexuels non protégés.
Le Professeur Guillet (service de dermatologie de Poitiers) rapporte quant à lui l'histoire de 2 femmes qui présentaient une réaction d'allergie retardée (eczéma) au liquide séminal de leur conjoint. Celles-ci, âgées de 32 et 42 ans avaient un eczéma vulvaire qui s'aggravait après les rapports sexuels et qui disparaissait en cas d'abstinence ou d'utilisation de préservatifs. Les patch tests éliminèrent une allergie de contact aux substances des différents produits cosmétiques ou médicaux utilisés. Ils mirent par contre en évidence une réaction allergique au sperme de leur conjoint. Il n'existe pas dans ce type de réaction allergique de désensibilisation et seule l'utilisation de préservatifs permet de prévenir la réaction allergique.
Ces réactions surviennent le plus souvent chez des femmes jeunes de moins de 30 ans et dans un tiers des cas lors des premiers rapports sexuels, sans qu'il existe des antécédents d'atopie.
Les réactions allergiques peuvent être localisées au niveau de la région génitale à type de douleurs, de brûlures, de démangeaisons et d'œdème. Elles débutent le plus souvent quelques minutes après la fin du rapport sexuel et durent moins de 24 heures. Il existe cependant, dans près de la moitié des cas, des réactions plus graves avec, urticaire généralisée, atteinte respiratoire (toux, oppression thoracique, gêne respiratoire), fatigue générale. Plus de 10% de ces femmes ont même eu une perte de conscience avec chute de la tension artérielle.
Ces symptômes ne surviennent pas en cas d'utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels (à condition qu'ils soient bien utilisés et qu'ils ne se déchirent pas !). La majorité des femmes ont un seul partenaire. Souvent, les femmes pensent (à tord) qu'elles ont infection gynécologique (mycose génitale) au Candida albicans.
Ne pas confondre surtout avec une inflammation vaginale, permanente et douloureuse appelée « vulvodynie ». C'est un phénomène invalidant qui touche essentiellement la femme en âge de procréation se manifestant par une douleur vulvo-vaginale chronique, souvent intense, qui rend la pénétration vaginale difficile, voire impossible. Chez certaines femmes, la douleur peut être permanente ou être déclenchée par des activités sportives, comme l'exercice physique, la bicyclette et la course. Si chez près d'un tiers de ces femmes un syndrome d'hypersensibilité au liquide séminal est suspecté (il faut donc l'évoquer), les deux tiers restants se différencient par l'existence de réactions en dehors des rapports et leur non disparition lors de l'utilisation de préservatifs. Chez ces dernières il faut rechercher entre autre une infection gynécologique active, bactérienne (Mycoplasme, Ureoplasma), virale, mycologique ou parasitaire.
Les femmes atteintes du syndrome d'hypersensibilité au liquide séminal ne sont pas différentes des autres femmes avec vulvodynie sur le plan de l'âge de survenue des symptômes, l'âge lors du test, la durée des signes ou la capacité à avoir des enfants.
Il faut aussi éliminer une réaction allergique aux substances appliquées sur la région vulvaire : produits d'hygiène, crèmes appliquées sur cette zone, vernis à ongles, allergie aux préservatifs (latex, caoutchoucs, antiseptiques et autres), etc.
Il faut d'abord éliminer une infection génitale et vérifier que les réactions allergiques disparaissent avec l'utilisation de préservatifs.
Ensuite, il faut faire des tests cutanés et sanguins. Ceux-ci font souvent appel à des techniques artisanales, car il n'existe pas d'allergènes commercialisés, contrairement à ce qu'il se passe pour les acariens, les poils d'animaux, les pollens, etc. Il faut donc isoler dans le liquide séminal de l'homme les différents allergènes potentiels (protéines) par différentes techniques, puis ensuite préparer différentes dilutions qui serviront à pratiquer les tests et mettre éventuellement en route une désensibilisation.
Les prick tests sont pratiqués en injectant, grâce à une petite pointe de plastique, une goutte de l'allergène potentiel dans le derme. En cas d'allergie, il apparaît une petite réaction d'urticaire qui est due à la liaison entre l'allergène et les anticorps (IgE) spécifiques présents dans la peau de la femme (qui sont responsables des réactions allergiques survenant juste après les rapports). L'existence de cette réaction allergique présagerait un bon succès de désensibilisation.
La recherche dans la circulation sanguine de la femme d'anticorps (IgE) reconnaissant et fixant les différentes protéines allergisantes du liquide séminal de leur conjoint.
Le traitement se fait par une désensibilisation.
Plusieurs techniques ont été mises en route avec certains succès. Les allergènes contenus dans le liquide séminal sont introduits à dose croissante et rapidement, soit par voie vaginale, soit par injection sous-cutanée. En cas de succès, un « traitement d'entretien » est indispensable pour maintenir cette désensibilisation : il consiste simplement à avoir des rapports réguliers sans préservatifs deux à trois fois par semaine (la durée de cette désensibilisation n'est pas précisée).
Une étude récente a mis en évidence chez certains vétérans qui présentaient le « syndrome de la Guerre du Golfe », l'équivalent de l'hypersensibilité au liquide séminal de la femme et appelé « syndrome de la semence brûlante ».
Ce qui différentie ces couples :
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