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Les dysidroses

MISE À JOUR LE 31 Août 2003
 

C'est une forme d'eczéma vésiculo-bulleux, très prurigineux, siègeant sur la paumes des mains, la plante des pieds et entre les doigts et les orteils.

C'est un eczéma récidivant dont le traitement peut être difficile et dont la cause est rarement retrouvée.

Comment se présente la dysidrose ?

L'eczéma est localisé à la plante des pieds, à la paume des mains, entre les doigts et les orteils. Les démangeaisons sont importantes. Les vésicules sont dures, enchâssées dans la peau et parfois invisibles, cachées dans l'épaisseur de la peau, simulant un aspect granité. Ces vésicules suintent rarement et sèchent progressivement sous forme d'une desquamation faite de petites plaques arrondies.
Cet eczéma est en général symétrique atteignant les deux mains voire les deux pieds.

Il existe des formes différentes :

  • formes bulleuses, par confluence des vésicules ; celles-ci peuvent se surinfecter, se transformant en vésicules ou s'ouvrir à la peau avec suintement important.
  • formes sèches ; il n'existe pas de vésicules mais seulement une fine desquamation aux bords arrondis ou par confluence un aspect « en carte de géographie » (policyclique).
  • formes chroniques ; l'absence de guérison complète entre les poussées conduit à la formation de crevasses très doloureuses pouvant conduire à un handicap professionnel important.

Ne pas confondre avec (diagnostic différentiel)

Les infections à champignons de type dermatophytes (dermatophytie)

  • Elle est le plus souvent localisée au pied et réalise des vésiculo-pustules par continuité d'un intertrigo interdigitoplantaire (« petites coupures » récidivantes situées entre les orteils). Ces pustules sont localisées le plus souvent entre et sur le dos des orteils avec possibilité d'atteindre la plante des pieds. L'atteinte d'un seul pied est évocateur d'une infection à dermatophytes.
  • Elles peuvent aussi compliquer un traitement par corticoïdes locaux, qui diminue les défenses de la peau. Cette dermatophytie touche le plus souvent la plante des pieds. Dans certains cas l'aspect de la peau est très évocateur : les plantes ont un aspect blanchâtre avec une desquamation très fine, surtout dans le fond des plis « comme de la farine ».
L'eczéma de contact allergique

Le plus souvent, le diagnostic est évoqué devant l'extension de l'eczéma au dos des mains ou au dos des pieds. Il sera confirmé par les tests dermato-allergologiques.

Le psoriasis pustuleux

A la différence de la dysidrose, il n'existe pas de vésicules, mais d'emblée, les paumes ou les plantes  sont recouvertes de pustules non prurigineuses. Les prélèvements permettront d'éliminer une surinfection bactérienne ou mycosique. La recherche d'autres lésions plus typiques, notamment sur les coudes et les genoux aident au diagnostic. Dans les cas les plus difficiles, l'étude histologique montrera un aspect de psoriasis pustuleux.

La pustulose palmoplantaire

Elle survient le plus souvent chez la femme entre 30 et 40 ans. Elle débute sous la forme de petites vésicules douloureuses ou prurigineuses évoluant vers des petites pustules qui s'assèchent en laissant place à des petites croûtes brunes. Au cours des poussées, la pustulose palmoplantaire associe vésicules, pustules, petites croûtes brunes sur un fond érythémateux. Les lésions siègent de façon asymétrique sur la paume des mains et la plante des pieds.
Les prélèvements mycologiques et bactériologiques sont négatifs. L'examen histologique retrouve dans les pustules des polynucléaires neutrophiles. Dans près d'un tiers des cas des douleurs ostéoarticulaires s'associent à cette pathologie. La cause de la pustulose palmoplantaire est inconnue.

Les causes

Dans la grande majorité des cas, il n'est pas retrouvé de causes aux poussées de dysidrose. Parfois, certains facteurs sont mis en évidence :

  • l'atopie,
  • les irritants et les allergènes de contact,
  • un foyer microbien à distance,
  • le stress, la sudation,
  • un allergène introduit par voie systémique.

Dysidrose secondaire à une infection microbienne.

Certains foyers infectieux peuvent déclencher des dysidroses. Il est classique de rechercher un foyer infectieux dentaire ou sinusien. Des infections fongiques surtout interdigito-plantaires sont parfois en cause.

Dyshidrose et allergies

  • allergie de contact. Dans les formes récidivantes, il faut éliminer une allergie de contact aux différents topiques appliqués (antiseptiques, antibiotiques, corticoïdes, etc.), voire rechercher un facteur professionnel. Le contact répété des produits d'hygiène sur les mains et persistant dans les bacs de douche, comme les gels douche, pourrait déclencher une dysidrose palmoplantaire.
  • allergie à distance d'un eczéma allergique de contact. Elle peut être une forme d'eczéma à distance du contact avec un allergène. Par exemple un eczéma des pieds secondaire à une allergie à u composant des chaussures, peut s'accompagner d'une dysidrose palmaire. Ces dysidroses sont volontiers violentes avec atteinte du dos des doigts, des mains et des poignets. Les allergènes en cause sont en général des allergènes « forts », tels la para-phenylene diamine, les métaux (nickels, chrome), les végétaux (frullania), les composants des caoutchoucs (thiurames, mercapto), certaines résines, etc.

·        allergène introduit par voie endogène. Le rôle des allergènes introduits dans l'organisme dans la survenue des dysidroses n'est pas unanime, certains récusant cette théorie. Les allergènes mis en cause sont essentiellement les métaux (nickel, chrome), les épices, les agrumes et le métabisulfite de sodium.

Dysidrose et irritation

Certains produits irritants souvent manipulés en milieu humide et chaud peuvent déclencher de véritables dysidroses.

Dysidrose de causes inconnues (ou idiopathiques).

Dans ce cas, les dysidroses surviennent régulièrement lors des saisons chaudes, lorsqu'il existe une sudation plus importante des plantes des pieds et des paumes des mains. D'autres fois, c'est le port prolongé de gants en caoutchouc favorisant la transpiration qui est mis en cause. Dans d'autres cas, le stress en déclenchant une sudation plus importante pourrait être responsable d'une poussée de dysidrose.

Dysidrose et atopie. Elle semble plus fréquente dans ce terrain que dans la population générale.

En pratique, que faire ?

Faut-il faire des bilans ?

1. Devant une poussée de dysidrose ne survenant qu'en période estivale, aucun bilan n'est nécessaire.

2. Devant une dysidrose rebelle et persistante, on doit :

  • rechercher un intertrigo interdigito-plantaire,
  • rechercher des lésions d'eczéma à distance (dysidrose réactionnelle)
  • pratiquer éventuellement une biopsie afin d'éliminer un psoriasis, une pustulose palmoplantaire, etc.
  • rechercher un foyer infectieux
    • dentaire et sinusien par un panoramique par une radio des sinus,
    • cutané par un prélèvement mycologique et bactériologique (si surinfection)
  • faire un bilan allergologique.
    • batterie standard de l'ICDRG
    • antiseptiques, conservateurs,
    • corticoïdes locaux,
    • produits personnels utilisés,
    • etc.

Quels traitements ?

Le traitement local. Il fait appel aux corticoïdes locaux forts, type classe I (voir chapitre « traitements »), qui seront adaptés au type des lésions : crèmes pour les formes suintantes, pommades pour les formes sèches. La durée des applications peut être longue et doit être réévaluée régulièrement. Dans les formes suintantes, l'application d'antiseptiques aidera à l'assèchement des lésions d'eczéma et évitera une contamination bactérienne.

Une surinfection, le plus souvent due à un staphylocoque doré, nécessite un traitement par des antiseptiques locaux et éventuellement des antibiotiques par voie générale.

Les précautions générales. Hygiène rigoureuse des mains et des pieds,

  • en évitant les facteurs aggravants, comme l'humidité, la chaleur excessive, le contact avec les irritants,
  • en utilisant des gants ménagers doublés en coton, des chaussures aérées avec des chaussettes en coton,
  • en luttant, entre les poussées d'eczéma, contre l'excès de sudation par des produits antiperspirants.

Les traitements d'une cause.

  • dysidrose et dermatophytie : antifongiques par voie générale,
  • dysidrose et foyer infectieux à distance : soins dentaires si panoramique anormal, consultation chez un ORL s'il existe un problème sinusien ; ces traitements ne sont malheureusement pas toujours efficaces,
  • dysidrose et allergie. L'existence d'une allergie de contact à certains métaux (nickel, chrome, cobalt), à certains marqueurs des épices (baume du Pérou, fragrance-mix) peut faire suspecter un rôle de l'alimentation dans les poussées de dysidrose. Un régime d'éviction de courte durée, par exemple pendant 1 mois, doit être envisagé. S'il n'existe pas d'amélioration, celui-ci peut être stoppé. A l'inverse, l'amélioration de l'eczéma encourage à continuer ce régime d'éviction, ou éventuellement, à débuter une désensibilisation de type homéopathique qui peut être parfois efficace (notamment nickel et chrome). Dans le cas d'une dysidrose réactionnelle à une allergie de contact à distance, c'est l'éviction de l'allergène qui permettra de faire disparaître l'eczéma.

La PUVA-thérapie palmoplantaire semble efficace, dans les cas résistants.

Les traitements généraux. Les corticoïdes par voie générale, ainsi que les immunosuppresseurs sont exceptionnellement prescrits.

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Depuis mai 2008, je souffre en permanence de sensations de brûlures cutanées et de picotements sur tout le corps. J'ai éprouvé ces symptômes après avoir passé une après midi à cueillir des cerises, j'ai eu la sensation de coup de soleil et j'étais très rouge sur tout le corps à l'exception du visage. On m'a soigné pour une allergie type urticaire, sans amélioration. Depuis, je n'ai plus de rougeurs sauf que tout marque sur ma peau, plis de vêtements, contact avec un objet... J'ai consulté un professeur immunologiste allergologue qui a fait le diagnostic d'une urticaire auto-immune et dermographisme. Rien ne me calme, j'ai pris des antihistaminiques, de la cortisone, des antidépresseurs sans résultats. On me propose de prendre un immunosuppresseur que je refuse de prendre. Quelqu'un a-t-il les mêmes symptômes que moi et quelle solution lui a t-on proposée?
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