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Les substances colorantes servent à apporter à nous même et à notre environnement toute une panoplie de couleurs. Elles sont donc présentes tout autour de nous afin de stimuler et satisfaire nos désirs : maquillage, tatouages et teintures capillaires, vêtements, aliments, etc., multipliant ainsi les risques de sensibilisation. Un même colorant pouvant être utilisé dans tous ces domaines, il ne paraît pas étonnant de constater que des sujets puissent réagir à plusieurs de ces parures lorsqu'ils sont sensibilisés celui-là. Il n'est pas étonnant non plus d'observer une augmentation de réaction aux substances colorantes, car elles sont de plus en plus souvent en contact avec la peau ou les muqueuses : colorations capillaires, tatouages semi-permanents au « henné », mode vestimentaire.
Les substances colorantes servent à apporter à nous même et à notre environnement toute une panoplie de couleurs. Elles sont donc présentes tout autour de nous afin de stimuler et satisfaire nos désirs : maquillage, tatouages et teintures capillaires, vêtements, aliments, etc., multipliant ainsi les risques de sensibilisation. Un même colorant pouvant être utilisé dans tous ces domaines, il ne paraît pas étonnant de constater que des sujets puissent réagir à plusieurs de ces parures lorsqu'ils sont sensibilisés celui-là. Il n'est pas étonnant non plus d'observer une augmentation de réaction aux substances colorantes, car elles sont de plus en plus souvent en contact avec la peau ou les muqueuses : colorations capillaires, tatouages semi-permanents au « henné », mode vestimentaire.
Il existe de nombreuses familles de colorants : azoïques, anthraquinones, xanthènes, quinoléines et autres. Les colorants azoïques, les plus sensibilisants, sont des molécules ayant une ou plusieurs amines, soit en position para (paraphénylène diamine ou p-diaminobenzène, paratoluène diamine), soit en position ortho soit en position méta. Ceux-ci peuvent être séparés en 3 groupes au sein desquels les réactions croisées sont plus fréquentes :
Paraphénylène diamine : Où peut-on la rencontrer ?
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§ On la retrouve surtout dans les teintures capillaires où elle est dénommée diaminobenzene |
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§ Elle peut aussi être incorporée dans : |
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§ Sur le plan professionnel, elle peut être responsable d'un eczéma des mains. |
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Les allergies de contact aux colorations capillaires peuvent être d'intensité et de durée plus ou moins importante en fonction du type de coloration utilisé : temporaires, semi-permanentes et permanentes. Les colorations temporaires ne pénètrent pas les cheveux et disparaissent au shampoing suivant, raccourcissant le contact avec les allergènes. A l'inverse, les colorations permanentes, seules à couvrir les cheveux blancs, ont une pénétration importante dans la tige pilaire et ont un contact prolongé avec la peau. A la différence des autres types de colorations, il est indispensable d'associer un produit oxydant ou révélateur, le plus souvent le peroxyde d'hydrogène, rarement sensibilisant. Entre, les colorations semi permanentes pénètrent les couches supérieures de la tige pilaire et disparaissent après 4 ou 5 shampoings. Toutes ces colorations contiennent des colorants azoïques (p-phenylenediamine ou diaminobenzène, p-toluenediamine, etc.), ainsi que d'autres colorants comme les anthraquinones, les xanthines, la résorcine et l'hydroquinone.
La sensibilisation aux teintures capillaires pourrait être favorisée par une mauvaise neutralisation des colorants et cela d'autant plus que les teintures sont souvent pratiquées par les patients eux-mêmes.
D'autres substances potentiellement sensibilisantes sont incorporées dans les teintures : colorants non azoïques, tensioactifs, solvants (éthanol, propylène glycol).
L'aspect le plus souvent rencontré est celui d'un eczéma du cuir chevelu, de la nuque et des zones rétro-auriculaires, dans les heures ou les jours suivant une teinture capillaire. Il peut s'agir soit d'une rougeur légère avec démangeaisons transitoires, soit d'un eczéma aigu avec vésicules, suintement et fortes démangeaisons.
Plus rarement, on peut observer des réactions à type de leucodermie (dépigmentation) et d'érythème polymorphe. Certaines personnes très sensibilisées peuvent déclencher des réactions immédiates à type d'asthme, voire de choc anaphylactique. Les cas de sensibilisation à la teinture capillaire du conjoint ne sont pas rares ; il s'agit souvent d'un eczéma du visage.
Les allergies de contact aux tatouages au henné, très en vogue chez les touristes européens, ont été décrites récemment.
Ce sont des réactions d'eczéma aigu, souvent bulleux survenant en général lors du retour des vacances, alors qu'une retouche avait été pratiquée sur le tatouage la veille du départ.
Ces manifestations sont secondaires à une sensibilisation à la p-phenylenediamine, ou à un dérivé, ajouté au henné pour que le tatouage dure plus longtemps.
De nombreux cas ont été décrits chez les enfants et les adolescents. D'autres aspects ont été rapportés, à type de dépigmentation transitoire mais pour certaines persistant plus de 6 mois, et de lésions à type de pseudo-érythème polymorphe survenues 1 mois après. Cette rapidité de survenue de l'eczéma après le tatouage est soulignée par tous les auteurs, alors qu'aucune sensibilisation aux différents produits contenant de la p-phenylenediamine n'était retrouvée par l'interrogatoire. L'absence de neutralisation du colorant azoïque par le peroxyde d'hydrogène pourrait être une cause de sensibilisation.
La sensibilisation à la p-phenylenediamine chez les enfants peut avoir des conséquences importantes pour leur avenir professionnel, leur interdisant les métiers de la cosmétique et notamment de la coiffure.
Tous les cosmétiques contiennent des colorants dont certains sont azoïques. La batterie « colorants vestimentaires » devrait être posée lorsque l'on suspecte une sensibilisation à des produits tels que les rouges à lèvres et les vernis à ongles.
Les textiles.
Les allergies aux colorants des textiles et des chaussures sont en général sous-évaluées, bien que le risque soit estimé entre 1,1 et 5,8% des patients testés pour une allergie de contact.
Près de 1200 colorants ou pigments sont utilisés dans l'industrie textile. La plupart sont répertoriés dans le « Colour Index » qui regroupe les colorants selon leur classe chimique (Azoïque) et leur associe un nom générique (Disperse Yellow), un nombre (3) et un nombre C.I. spécifique (10345). Il est aussi indiqué leurs propriétés chimiques, leur utilisation et leur couleur.
Les colorants les plus sensibilisants sont de type Disperse : Disperse Blue 106 et 124, Disperse Blue 85, Disperse Red 1 et 17, Disperse Orange 3, Disperse Yellow 3. Il existe un risque de réaction croisée avec la PPD dans 2/3 des cas avec le Disperse Orange 3 et le para aminoazobenzène et dans 1/3 des cas avec les autres.
Les colorants vestimentaires les plus allergisants sont les colorants azoïques qui sont utilisés dans 40% des textiles. Un sujet allergique à un colorant vestimentaire aura en général peu de chances de savoir quel vêtement utiliser, car il existe souvent un mélange de différents colorants dans des tissus en général fabriqués en Asie du Sud Est.
La sensibilisation aux teintures vestimentaires se présente le plus souvent sous la forme d'un eczéma se situant là où prédomine le contact avec les vêtements : cou, bords axillaires avec respect du fond du pli, région sous-mammaire, faces antérieure et postérieure des cuisses, plis des genoux. La présentation sous la forme d'un eczéma nummulaire est plus trompeuse, mais celui-ci doit faire rechercher systématiquement une intolérance aux colorants vestimentaires. Plus rarement, ont été observés des cas de pigmentation et d'urticaire de contact.
Le Naphtol AS (agent couplant) peut entraîner des allergies de contact et des pigmentations. Deux études ont trouvé que deux colorants bleus, les Disperse Blue 106 et 124, avaient réagi chez plus de 80% de patients suspects d'allergie aux textiles. Pour ces auteurs, ces colorants pourraient servir de marqueurs aux allergies aux colorants azoïques contenus dans les textiles, ce qui ne se vérifie pas dans notre expérience. Les tests peuvent être faussement négatifs, étant donné l'introduction continue de nouveaux colorants : un test avec un échantillon humidifié du vêtement incriminé peut alors s'avérer indispensable. A l'inverse, de fausses réactions positives sont possibles.
Les autres allergènes textiles sont les colorants non azoïques (anthraquinones, quinophtalones, triarylméthanes, etc.) et les résines formol. Les résidus de détergents et de nettoyage à sec (solvants) sont surtout irritants.
Les chaussures et autres objets vestimentaires.
Les eczémas de contact aux colorants, favorisés par la transpiration, siègent volontiers sur le dos du pied et éventuellement la plante des pieds lorsqu'ils sont dus à une allergie aux chaussures. Ils sont beaucoup plus rares que les sensibilisations aux agents tannants du cuir (sels de chrome), aux caoutchoucs et aux colles. Les autres objets vestimentaires provoquent des réactions localisées là où ils sont portés : surtout le dos des mains pour les gants, poignet pour les bracelets montre, cou et poignets pour les blousons, etc.
Bien que rares, les réactions de sensibilisation aux colorants alimentaires et médicamenteux existent. Ils peuvent déclencher des rashs papulo-érythémateux disséminés ou des poussées d'urticaire voire d'angioedème. Leur mécanisme d'action est souvent inconnu. Ces colorants sont souvent incorporés dans les aliments et dans l'enrobage des médicaments car ils sont souvent nécessaires à leur identification.
Les colorants azoïques les plus communs sont : le rouge de cochenille, l'amarante, le jaune orangé S, l'érythrosine et le bleu patenté V.
Différents colorants alimentaires azoïques : couleur, code, produits pouvant les contenir.
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Colorant |
Couleur |
Code |
Risques |
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Jaune orangé S |
Orange |
E 110 |
Nombreux aliments |
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Erythrosine |
Rouge |
E 127 |
Aliments (bonbons, fruits au sirop, fruits confits) |
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Rouge de cochenille |
Rouge |
E 124 |
Nombreux aliments |
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Amarante |
rouge |
E 123 |
Caviar (très réglementé) |
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Bleu patenté V |
Bleu |
E 131 |
Aliments (glaces, bonbons, liqueurs) |
Sur le plan médical, les prescripteurs doivent prendre toutes les précautions avant de prescrire ou d'utiliser :
Sur le plan professionnel, l'existence d'une allergie aux colorants azoïques peut empêcher d'effectuer certaines activités :
· Certaines personnes travaillant dans le développement des films couleur peuvent être sensibilisés avec certains produits (par exemple : CD-2, CD-3, CD-4).
· Résines époxy.
§ Les résines époxy sont utilisées dans les colles, les peintures, l'isolation, etc.
Alors que la plupart des allergies sont dues à la résine, certaines personnes sont allergiques au durcisseur, comme le métaphénylène diamine ou le diaminodiphénylméthane (40% des sujets allergiques à la paraphénylène diamine).
Les gants en caoutchoucs ne protégent pas contre la pénétration du durcisseur ; il faut utiliser des gants spéciaux comme ceux ayant une couche en plastique, ou ceux en vinyl ayant une forte résistance.
Les autres causes de sensibilisations croisées sont :
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