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C'est la classique "allergie solaire des vacances" apparaissant après une exposition intense et prolongée, notamment au bord de la mer. Elle peut également survenir lors des week-ends prolongés du mois de mai, ou lors de vacances hivernales dans les pays ensoleillés.
C'est la plus fréquente des photodermatoses idiopathiques et elle touche dans 80% la femme jeune entre 18 et 25 ans. Elle survient le plus souvent au 2°-3° jour des vacances après une exposition importante en été.
L'exploration photobiologique est dans cette forme typique sans intérêt. Elle est en général négative sauf si l'on irradie le corps entier par une exposition UVA et UVB.
En général, une exposition brutale et prolongée sous un soleil brillant, conditions réunies lors des "bains de soleil", est le plus souvent nécessaire. Au deuxième, troisième jour des vacances, apparaît une éruption aiguë très prurigineuse, formée de petits "boutons" rouges, séparés les uns des autres. Parfois, il existe des vésicules (petites cloques remplies d'eau) ou des plaques.
Ces "boutons" atteignent avec prédilection le décolleté, les épaules et les membres, mais respectent, en règle générale, le visage.
Les démangeaisons sont parfois importantes, génant le sommeil et une partie des vacances.
Cette réaction persiste pendant les dix à quinze premiers jours des vacances et s'atténue habituellement malgré la répétition des expositions, comme si le bronzage jouait un rôle protecteur. L'éruption récidivera les années suivantes, à condition que l'intensité d'ensoleillement soit suffisante.
La lucite polymorphe est différente de la lucite estivale bénigne : elle survient dans les conditions de la vie courante (courte promenade, course au marché, etc.) du printemps à l'automne et les boutons touchent surtout le visage et le dos des mains. Malgrè des expositions modérés, elle ne guérit pas avant la fin de l'automne.
L'urticaire solaire, très rare, est souvent confondue à tord avec la lucite estivale bénigne, bien qu'elle en soit très différente. C'est une urticaire (comme des piqûres d'ortie) qui survient quelques minutes après le début de l'exposition au soleil et qui disparaît 1/2 heure environ après que l'on se soit mis à l'ombre.
Une photosensibilisation médicamenteuse (voir l'article).
Chez l'enfant : l'hydroa vacciniforme (voir l'article) et la photodermatose printanière juvénile (voir l'article).
Le traitement inconstamment efficace, associera à une photoprotection externe (crèmes antisolaires) et à une exposition modérée et progressive, une photoprotection interne (antipaludéens de synthèse et/ou antiradicaux libres). En cas d'échec, on pourra prescrire une photothérapie préventive (PUVAthérapie, UVB-thérapie, etc.).
La photoprotection par crèmes solaires
L'exposition solaire progressive, adaptée au phototype de l'individu est, bien entendu, une mesure fondamentale.
La photoprotection par crèmes solaires est toujours indispensable. Outre la protection vestimentaire, elle est réalisée par l'application régulière d'un produit anti-solaire performant, c'est-à-dire :
- assurant une protection la plus large possible couvrant les UV, B et A, et les infrarouges,
- possédant un indice de protection important (FPS) qui doit être au minimum égal à 25-30,
- présentant une excellente rémanence (reste sur la peau) et une bonne photostabilité (non altérée par les ultraviolets)..
La photoprotection en interne
Certains médicaments, pris quinze jours avant le départ et poursuivis pendant le séjour, empêchent la survenue de la poussée de lucite estivale bénigne chez plus de la moitié des patients : antiradicalaires ou "pilules bronzantes" (l'accumulation de radicaux libres étant incriminée dans la pathogénie de la lucite estivale bénigne, l'utilisation d'agents anti-radicalaires paraît intéressante)et/ou antipaludéens de synthèse.
En cas d'échec des traitements précédents, les formes les plus sévères de lucite estivale bénigne peuvent bénéficier d'une photothérapie préventive par quinze à vingt séances de PUVA-thérapie ou photothérapie UVB.
L'association d'anti-radicalaires et d'une photoprotection externe
Pour optimiser la photoprotection, il paraît logique d'associer l'application d'un produit anti-solaire à la prise orale d'antiradicalaires (Glisodine solaire, Oenobiol solaire, Oxelio, Photoderm, etc.) ; malheureusement peu d'études ont été consacrées à ce sujet.
Mon éruption va-telle disparaître un jour ?
Le plus souvent, au bout de quelques années (en moyenne 10 ans), la lucite estivale bénigne a tendance à guérir définitivement. Mais il existe des cas où elle apparaît à chaque exposition solaire importante et cela pendant de nombreuses années. Chez certaines femmes, elle peut même s'aggraver et atteindre des zones du corps où il n'y avait pas d'éruption l'année d'avant.
Puis-je faire quelques séances d'UV pour préparer ma peau au soleil ?
En faisant 5 à 10 séances avant de partir en vacances, on peut dans certains cas empécher que la lucite estivale bénigne ne survienne. Mais attention, la première séance doit être courte en augmentant progressivement la durée des suivantes : si la durée est trop longue, vous risquer de déclencher l'allergie solaire. Cette technique est plutôt indiquée dans les lucites peu importantes
Les gélules pour préparer le bronzage peuvent-elles prévenir la survenue de la lucite estivale bénigne ?
Les gèlules utilisées pour préparer la peau au soleil conteniennent des caroténoïdes (béta-carotène, lycopène), de la vitamine E (alpha-tocophérol), de la vitamine C (acide ascorbique et ascorbates) ; ce sont des antioxydants qui vont capter une partie des radicaux libres, toxiques pour la peau, provoqués par les UVA.
Pour les personnes ayant une allergie peu importante, ces compléments alimentaires peuvent être efficaces. Mais il faut pendant les premiers jours d'exposition utiliser des produits antisolaires de SPF 40 à 60 qui doivent protèger aussi contre les UVA
Connait-on la cause de survenue de la lucite estivale bénigne ?
L'agent photosensibilisant de la L.E.B. n'est pas encore connu. Il s'agit d'une réaction "toxique" locale, probablement liée à l'accumulation de médiateurs épidermiques libérés dans la peau après une exposition solaire brutale sur un tégument non photo-adapté. Les radicaux libres jouent certainement un rôle important.
Les études épidémiologiques ont permis d'éliminer la responsabilité d'une photosensibilisation médicamenteuse (œstroprogestatifs, anxiolytiques) ou cosmétique (allergie ou photo-allergie de contact aux filtres solaires).
Les radiations responsables correspondent essentiellement aux UVA (avec probablement une aggravation par les rayons infrarouges), dans la mesure où l'éruption peut être reproduite par l'irradiation en cabine UVA, utilisée à titre médical (PUVA thérapie) ou esthétique (bancs de bronzage artificiels).
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