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Soyons clairs : les allergies à l'iode n'existent pas. L'iode est un élément naturel de notre environnement. Nous en ingérons quotidiennement dans le sel qui est enrichi en iode et en mangeant des produits dérivés de la mer (huîtres, crustacés, etc.). Les bords de mer sont riches en un air iodé nous éloignant dans la pensée de celui des villes.
Il est par contre possible de faire de vraies ou « fausses » allergies à des aliments, des produits et des médicaments contenant de l'iode. L'allergie est due aux molécules qui contiennent de l'iode. Les « fausses allergies », sont dues aux propriétés chimiques ou physiques qui vont déclencher la libération notamment d'histamine qui conduit aux réactions identiques à celles dues aux allergies vraies. Une réaction allergique à ces produits de la mer ne prédispose pas à une allergie aux produits de contraste iodés ou à des médicaments contenant de l'iode.
Il ne faut cependant pas oublier que les réactions aux produits contenant de l'iode peuvent être graves et qu'il faut alors savoir pousser les examens allergologiques, sanguins, etc., afin de porter un diagnostic précis et de pouvoir proposer une répons adaptée.
L'allergie aux produits de la mer est responsable de réactions immédiates qui peuvent être déclenchées par leur ingestion, mais aussi par leur manipulation (urticaire, conjonctivite, rhinite, asthme, angio-œdème, nausées, douleurs abdominales, diarrhée, anaphylaxie aiguë, choc anaphylactique). Certaines personnes très allergiques peuvent même réagir après inhalation des vapeurs de cuisson, car ces allergènes sont très volatiles et certains ne sont détruits par la cuisson.
Dans tous ces cas, les allergies ne sont pas dues à l'iode, mais à des allergènes contenus dans ces aliments de la mer. Les fausses réactions allergiques sont dues à leur richesse en histamine, celle-ci provoquant les mêmes signes que l'allergie vraie (urticaire, angio-œdème, etc.). Les différents tests allergologiques permettront de faire le diagnostic exact.
La Bétadine est une solution antiseptique comprenant une molécule d'iode fixée sur un support appelé « povidone ». D'autres constituants peuvent être contenus dans diverses formes de Bétadine, comme le Nonoxynol 9, qui est un conservateur.
Tous les cas d'allergie à la Bétadine sont dus à la povidone et non à l'iode et les tests sont négatifs chez ces personnes pour d'autres médicaments contenant de l'iode : iodure de potassium, alcool iodé, solution de Lugol, produits de contraste iodés, etc. Les allergies à la Bétadine (povidone iodée) sont rares. Elles peuvent se présenter sous deux types de réactions allergiques, l'hypersensibilité immédiate et l'hypersensibilité retardée.
De très rares cas de réactions allergiques de type immédiat à la povidone iodée on été rapportées. Parmi les quelques accidents décrits, une patiente a fait un spasme des voies respiratoires (bronchospasme) après hystérosalpingographie avec un produit de contraste contenant de la povidone iodée, un homme a fait un choc anaphylactique après une infiltration d'une articulation par un corticoïde contenant de la povidone comme excipient et un homme de 24 ans urticaire avec angio-œdème après application de Bétadine sur la plaie d'un bras (c'était la première fois qu'il l'utilisait). Une femme qui avait été badigeonnée de povidone iodée (Bétadine scrub) sur les parties génitales avait présenté dans les minutes suivant l'application de l'antiseptique, un prurit généralisé, une urticaire, un œdème périorbitaire, une dyspnée et une baisse de la tension artérielle.
Les tests cutanés (prick tests) sont positifs pour la povidone iodée et la povidone seule, mais négatifs pour l'iode et d'autres médicaments en contenant, comme l'iodure de potassium, l'alcool iodé, la solution de Lugol utilisée en gynécologie, les produits de contraste iodés.
Les réactions retardées se présentent sous la forme d'un eczéma apparaissant 24 à 48 heures sur les zones d'application de la Bétadine. Le diagnostic est confirmé par la pose de patch tests à la povidone diluée. Les tests doivent aussi être faits avec d'autres substances contenues dans les différentes Bétadine incriminées, comme le Nonoxynol 9.
Il est probable que les patients puissent être sensibilisés par l'administration d'autres médicaments contenant la povidone comme excipient. La povidone peut en effet être contenue dans diverses préparations tels des antihistaminiques, certains diurétiques, certains analgésiques, etc.
La povidone est un mélange de polymères synthétiques de 1-vinil-2-pyrrolidone. Cette molécules fut d'abord utilisée comme expanseur pour le chocs hémorragiques et traumatiques. Actuellement, la povidone est utilisée comme agent de suspension, de dispersion, de granulation, de comprimés. Elle est introduite dans différents produits pharmaceutiques et dans des sprays capillaires. Les solutions de povidone peuvent être utilisées comme larmes artificielles et pour l'entretien des lentilles de contact. C'est aussi un vecteur de l'iode (povidone iodée), qui est utilisée comme agent désinfectant et antiseptique pour le traitement des plaies surinfectées et en pré-opératoire pour la désinfection de la peau et des muqueuses ainsi que pour la désinfection du matériel.
Le plus souvent les réactions aux produits de contraste iodés utilisés pour des examens radiologiques (urographie intra-veineuse, angiographie, scanner, etc.) ne sont pas de type allergique, car on ne retrouve pas dans le sang du patient des anticorps dirigés contre ces produits (IgE spécifiques). Cependant les réactions sont pratiquement identiques et font aussi intervenir, entre autre, l'histamine ; elles ne surviennent pas obligatoirement lors d'une nouvelle injection de ce produit : elles sont dites « anaphylactoïdes ».
Les réactions anaphylactoïdes aux produits de contraste iodées peuvent être graves. Les signes cliniques sont : une éruption cutanée, un érythème, une urticaire, un angio-œdème pouvant atteindre le larynx avec gène respiratoire, une contraction des bronches (bronchospasme), parfois sévère, et un choc.
Les réactions graves se situeraient en quatrième position après celles dues aux antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens et antalgiques. Cette fréquence tend à diminuer avec l'utilisation de produits plus récents.
Il existe des facteurs de risque : réaction antérieure, même modérée, à un produit de contraste iodé, asthme, insuffisance cardiaque ou maladie des coronaires, traitement par béta-bloquants (collyres y compris), terrain allergique (rhino-conjonctivite, asthme, allergie alimentaire), sexe féminin, prise d'inhibiteurs de l'enzyme de conversion. Il est intéressant de noter que l'allergie aux aliments de la mer inquiète sans explication les radiologues américains, au point que 50% d'entre eux n'utiliseraient pas un produit de contraste contenant de l'iode …
Les mécanismes qui déclenchent ces réactions ne sont pas encore très précis. Dans certains cas, des études ont émis la possibilité que certaines réactions aux produits de contraste seraient d'origine allergique, dues à l'existence d'anticorps contre ces produits (réaction anaphylactique).
L'existence de ces facteurs de risque doit conduire à une grande prudence.
En cas de réaction antérieure, il faut faire pratiquer un bilan allergologique (prick tests et intradermoréactions) à la recherche de test positifs à plusieurs produits de contraste iodés. Même en l'absence de tests positifs, il faudra utiliser des produits de contraste de dernière génération.
L'utilisation d'un traitement préventif (injection d'un corticoïde 12 heures et 2 heures avant l'examen) associé à un produit de contraste de nouvelle génération diminue le risque de réaction anaphylactoïde, mais ne peut être fait chez tout un chacun étant donné leur coût élevé. Il doit être réservé aux sujets à risque important : maladie cardiaque, traitement par béta-bloquants, asthme.
Aucune prémédication n'est efficace contre les réactions allergiques (anaphylaxie) ; elle est donc insuffisante : tout doit être prévu pour traiter une réaction allergique et un réanimateur doit être présent lors de l'examen.
Les réactions tardives aux produits de contraste iodés. Ces réactions se produisent entre 1 heure et quelques jours après l'injection du produit de contraste. Cela peut être une éruption cutanée, une urticaire, un eczéma ou une éruption de plaques ressemblant à des cocardes (érythème polymorphe). Les tests cutanés sont positifs à la 48ème heure comme dans un eczéma allergique de contact. Les réactions à d'autres produits de contraste iodés sont fréquentes, sans qu'il existe de réactions aux antiseptiques iodés, montrant bien que l'agent sensibilisant n'est pas l'iode, mais la molécule entière.
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